Thème « psychologie »
Dorian Gray a bien de la chance ! Il est jeune, il est riche, il est intelligent, il appartient à la meilleure société londonienne de son temps, et surtout il est beau : d’une beauté unique, angélique, sublime, fascinante, d’une beauté qui exerce des ravages sur tous ceux qui l’approchent, hommes ou femmes. Normalement, cette extraordinaire capacité physique de séduction devrait s’affaiblir avec l’âge. C’est-à -dire, avec l’apparition des rides, avec la calvitie, les rhumatismes, l’écroulement des traits, l’empâtement du menton, etc. Mais ces désagréments vont être épargnés à Dorian grâce au portrait qu’a fait de lui un ami peintre. En effet, le tableau possède l’étrange vertu de prendre à sa charge le vieillissement de son modèle.
Par cette fable qui évolue vers les affres du cauchemar, Oscar Wilde, esprit brillantissime et auteur scandaleux de l’époque victorienne, nous assène un pronostic inquiétant : à savoir que chacun de nous, sous l’effet de ce qu’il est, finira par prendre la tête qu’il mérite…
Les bulldozers sont arrivés peu après sept heures du matin. Ils ont fait un grand détour par la route du bas pour s’installer le long de la butte en surplomb de la combe.. Les bulldozers ont pris position, juste devant la banderole délavée sur laquelle on peut encore lire : « Non à la spéculation immobilière, refusons la destruction des espaces naturels. » Leurs silhouettes se détachent très nettement du paysage, en cette matinée dépourvue de brouillard. Ils sont là . Tout est fini.
Dépité et furieux, Brian s’enfonce dans la forêt de son enfance en espérant que sa magie bienfaisante l’aidera à retrouver la sérénité. Mais ce jour-là , dans une clairière, une jeune fille en train de jouer de la harpe celtique semble l’attendre. Le début d’une nouvelle histoire, dont la plus belle partie reste à écrire…
Même avec ses joues sales et ses vêtements déguenillés, Poma est remarquable de beauté. Si belle que les soldats de l’empire inca l’ont vite repérée. Ils l’ont emmenée de force à l’alcclahuasi où d’autres adolescentes, arrachées à leur famille, vivent recluses. Poma, la sauvageonne, la fille du puma, est désormais une vierge du Soleil, une Élue promise aux dieux. On dit que l’empereur prépare une offrande au grand esprit de la montagne… C’est donc cela, le sort d’une Élue ? Poma s’y refuse de tout son être. Mais qui est assez fort pour s’opposer à Sapa Inca ?
Je vis à Boise (prononcer «boy-zee»), dans l’Idaho, l’Etat le plus ennuyeux des États-Unis, et je travaille dans un fast-food. Tout le monde me dit que je ferais mieux d’aller à l’université, mais pour l’instant, je préfère ça. C’est reposant, faire des hamburgers : des vacances pour le cerveau. Et puis, il y a Paul. En rentrant, un soir, je m’inscris à des cours de français, comme ça, un coup de foudre. Mais chez moi, la nouvelle est mal accueillie. La peur que je devienne snob, sans doute. Mais je sens qu’il y a autre chose, quelque chose de bien plus profond...
Six adolescents doivent interpréter Roméo et Juliette de Shakespeare. Emma et Noé sont amoureux depuis quatre ans, ils devraient avoir les rôles titres, forcément. Mais lorsque Léo se propose pour interpréter Roméo, tout bascule. Ben et Zélie ont trouvé son interprétation géniale, mais Tybalt et Noé ricanent. Pour eux, pas question ! Quant à Emma, elle est bouleversée. Entre jouer l’amour fou et le vivre, la limite est fragile.
« J'attirerai tous les regards, je rendrai les gens heureux. Je serai digne de l'estime de mon public et de celle de mon entraîneur. Je serai un champion. » Sa passion pour le football, Boris ne sait pas d'où elle vient. Pour tâcher de l'apprendre, il lit en cachette les carnets intimes de sa soeur et marraine. Éléonore a tout noté, depuis l'enfance, avec tact. Le tact, Boris adore ça. Se sentir aimé, ça aide à grandir et à défendre les buts. Cette passion, Boris ne sait pas non plus où elle va le mener. Il sait seulement qu'il s'entraîne partout où il peut, sur les terrains vagues et aussi au fond du couloir de l'appartement, avec des joueurs miniatures en allumettes dont il commente les exploits à haute voix. S'il ne devient pas champion, il sera peut-être reporter sportif ? Il sait que le ballon est pour lui un soleil qui brille même quand le soleil manque. Et une passion pareille mène forcément très loin.
Dans la vie il faut se battre. Zoé le sait bien en arrivant dans ce nouveau lycée, avec tous ces nouveaux camarades. À chacun ses manières de se réaliser, contre ses parents, contre la maladie, contre soi-même parfois. Et à chacun ses instruments : un appareil photo pour capter la beauté du monde, un ukulélé pour l’enchanter, un skateboard pour le parcourir. Mais seul, c’est toujours plus difficile. Pour Zoé, le moment est venu de jouer collectif.
À Frenchtown (le quartier français de Monument), un jeune homme marche, la tête inclinée vers le sol. Il porte une casquette des Red Sox. Une écharpe couvre le bas de son visage. Les passants ont du mal à dissimuler leur dégoût lorsqu'ils le croisent. Il arrive même qu'ils changent de trottoir. Son nom est Francis Joseph Cassavant. Il revient de la guerre et une grenade l'a défiguré. En 1941, Francis n'était pas en âge de devenir soldat de l'armée américaine. Et pourtant, il ne pensait qu'à une chose : partir. Peut-être même mourir. C'est pourquoi il a falsifié son extrait de naissance. Deux noms suffisent à expliquer ce geste inconsidéré : Larry LaSalle et Nicole Renard, deux grandes figures qui ont marqué son adolescence et qu'il a voulu fuir. De retour dans sa ville natale, Francis s'est donné pour mission de retrouver Larry et de le tuer. Il veut le faire payer pour tout ce qu'il a saccagé. La mémoire de Nicole. La sienne. Dans le monde sans visage de Francis Joseph Cassavant, on ne brise pas deux vies impunément.
Mandy et Tracey ne se sont jamais rencontrées, mais elles connaissent tout l'une de l'autre. Les deux ados ont entamé une correspondance à la faveur d'une petite annonce postée dans un magazine. Depuis, elles s'échangent des lettres souvent joyeuses et se confient leurs espoirs, leurs doutes, comme si elles se connaissaient depuis toujours. La vie de Tracey semble parfaite. Une famille géniale, un petit copain sexy, des vacances de rêve et de l'argent à profusion...Trop beau pour être vrai ? D'ailleurs, Tracey se contredit parfois dans ses propos. Elle trouve toujours une excuse pour ne pas envoyer sa photo et se sert d'une adresse en poste restante...Mandy finit par douter. Sa nouvelle amie pourrait bien avoir tout inventé.
Alors qui est la véritable Tracey ? Qui se cache derrière ses lettres ?
Depuis son accident, Maud est comme morte. Les yeux vides, aucune envie, son lit pour seul horizon. Personne au monde pour l’en sortir, fin du spectacle.
Il y a bien Liber, dit P’tit Môme, presque seize ans pourtant, élève de seconde dans la classe de Maud et bien décidé à ne pas faire partie de ce monde-là .
Chaque soir, après les cours, c’est le même rituel. Maud lui crie : « Fous le camp ! » et lui, il s’accroche. Malgré elle, Maud le laisse devenir Monsieur-Une-Idée-Par-Jour. Piscine, ping-pong, cinéma, la vie qui revient avec ses baisers volés et ses disputes.
Très vite, Liber ne pense plus qu’à une chose : faire l’amour avec Maud. Cela lui donne des idées, mais pas de réponses. Tout le bouscule. Séparation de deux mois, déclare Maud un drôle de jour. Pour Liber, ça sonne comme la brève suspension de leur tandem.
Une épreuve pour chevalier de conte de fées. Certainement pas comme une déclaration de mort.
Le jour où Lockie débarqua dans cette ville, il pleuvait. La vieille Falcon familiale avait été chargée comme un bateau de réfugiés, et les Leonard avaient quitté la grande ville pour venir s'installer dans ce trou perdu. Toute la famille essayait d'avoir l'air gai, mais l'endroit avait vraiment l'air minable. Une toute petite ville, et plutôt cradingue. Et quand les Leonard virent la maison de fonction que leur allouait la police locale, plus personne ne moufta dans la voiture. Le petit frère de Lockie la regarda en se bouchant le nez. Le bébé se trémoussa sur le siège avant. Son père laissa le moteur tourner. Et sa mère fondit en larmes.
Ce qui angoisse surtout Lockie, treize ans, dans ce déménagement, c'est le lycée. Il subit d'ailleurs, le premier jour, un bizutage sévère, en tant que nouveau, pas en tant que fils de flic - par chance, la nouvelle ne s'est pas encore répandue.
Le capitaine Leonard est de l'espèce « flic-qui-lit-des-livres ». S'il n'était pas tenté de mettre la sirène quand il vient chercher Lockie à la sortie pour l'emmener faire du surf, il serait parfait. La mère de Lockie est plutôt bien, elle aussi, malgré son côté « si on parlait de sexualité ».
Pourvu qu'il puisse tenter de nouvelles prouesses sur sa planche de surf, et même faire la pige aux grands, Lockie envisage l'avenir avec sérénité. Mais il tombe raide amoureux de Vicki Streeton, qui vient de jeter son dévolu sur lui. Vicki est la star du lycée et Lockie passe en une journée de l'anonymat à la gloire. Ils s'aiment, ils s'adorent, ils ne se quittent plus. Ils deviennent les mascottes du lycée. Les élèves les respectent, les adultes sont tout attendris. Lockie a l'impression de voler. Mais, même à treize ans, l'amour peut être une chose très compliquée et fragile...
Avoir un père flic et poète. Cohabiter avec un petit frère atteint d'énurésie aiguë qui doit laper du jus de banane pour s'en sortir. Aimer à perdre la raison, aimer à ne savoir que dire la fille la plus géniale que l'Australie ait portée, Vicki Streeton, et la voir partir dans le soleil couchant de la fin du monde avec une bande de rockers motards dégénérés. Supporter le déménagement de Egg, son meilleur pote, le spécialiste du langage loufoque et du teint blême. Braver tout à coup un requin alors qu'on vient de passer une heure à nager au milieu de six dauphins mabouls et couineurs. Lockie Leonard a déjà fait tout ça. Mais il y a quelque chose qu'il n'a encore jamais vécu. Une chose profonde, mystérieuse et plus blessante qu'un aileron vous déchirant le coeur, ou qu'une fille sublime sortant de votre existence sans se retourner. Ce sont les larmes de sa mère. Des larmes de désespoir intense, de chagrin inconsolable, de folie qui menace. La dépression de sa mère. Alors, il va lui falloir beaucoup de courage, beaucoup d'humour, et le coup de main de quelques anges pour tenir.
Dans la vie, il faut se battre. Dane Washington ne le sait que trop bien. À la moindre occasion, ses poings le démangent et ils parlent pour lui. Seulement, il n’a plus droit à l’erreur : encore une bagarre, et ce sera l’exclusion. Sa dernière chance s’appelle Billy D., un garçon qui vient de s’installer à côté de chez lui avec sa mère.…
« Françoise Dolto a été psychanalyste d’enfants et d’adolescents. Elle a écouté des silences, soulagé des souffrances, débloqué des situations, vu revivre des zombies.
En 2008, on a célébré les 100 ans de sa naissance et les 20 ans de sa mort. Et moi, j’ai écrit en hommage ému ce livre que je mûrissais depuis dix ans.
Il y a trois significations à son titre.
Ma Dolto, parce ce n’est pas la seule, ce n’est pas la vraie, c’est juste la mienne.
Ma Dolto, parce que ça sonne comme Ma Dalton, la maman, la rebelle. Oui, pour moi, Françoise Dolto est plus proche des justiciers du FarWest, Calamity Jane, Jesse James, Lucky Luke, que de la plupart de ses collègues.
Ma Dolto, enfin, parce que depuis quinze ans que je rencontre, croise, côtoie et aime, à l’occasion, des enfants et des adolescents, je me rends compte que, sans être psychanalyste, juste écrivain, de plus en plus, avec eux, je « fais ma Dolto ». Je les considère, je leur parle sincèrement, je les écoute, j’encourage leurs désirs et leurs rêves les plus fous, j’ai envie de les aider à grandir. Et réciproquement. »
Sophie Chérer
Sophie Chérer est née dans une famille où régnaient les secrets et les non-dits.
Elle a découvert Françoise Dolto à 15 ans, en écoutant Lorsque l’enfant paraît, son émission sur France Inter, et la psychanalyse un peu plus tard, à 18 ans, en terminale, grâce à un prof de philo passionné. Elle est devenue mère à 28 ans, auteur pour la jeunesse à 31, psychanalysée à 45… Comme quoi, il y a des progressions dramatiques plutôt cohérentes.
Le collège se divise en classes.
1) Tout en haut, les populaires, qui dirigent leur petit monde.
2) Au milieu, les normaux, la grande masse des collégiens, des gens sympas qui ne la ramènent pas trop.
3) Et en bas, les bolosses, ou encore les invisibles, qu’on n’entend jamais et qui servent de souffre-douleur. Comme moi. Dans tous les collèges, c’est comme ça.
Chez nous, à Nicolas-Hulot, il y a 365 élèves. Sauf quelques populaires, les autres sont tous normaux, je suis à peu près le seul bolosse.
Madeleine de Maupin, jeune femme de caractère, est bien résolue à percer les secrets des hommes avant de se risquer à céder à leurs avances. Pour ce faire, elle se déguise et, fort douée dans le maniement de l’épée, donne aisément le change – jusqu’à prendre goût à la chose et à se laisser emporter dans le vertige des aventures galantes…
Inspiré par la vie tumultueuse et la figure quasi légendaire de Julie d’Aubigny, une cantatrice du XVIIe siècle qui, travestie en homme, séduisait les femmes et se livrait à de sanglants duels à l’épée, Mademoiselle de Maupin est, à plus d’un titre, un livre essentiel : il s’agit, en effet, non seulement d’un récit épistolaire, mais, aussi, de l’un des premiers romans de cape et d’épée de la littérature française. En outre, Théophile Gautier l’a doté d’une préface qui a fait date dans l’histoire littéraire : avec une verve désopilante, il s’y attaque à la critique, proclame la toute-puissante indépendance de l’art (c’est la théorie de l’art pour l’art) et revendique un mépris de la morale que l’histoire de son héroïne va brillamment illustrer.
La lecture d’une oeuvre de Théophile Gautier figure au programme des classes de quatrième. L’année 2011 marquera le bicentenaire de la naissance de l’auteur.















