Thème « Histoire : 15e siècle »
C’est l’histoire d’un petit garçon bavard, curieux et un peu triste.
Bon élève, il aurait pu étudier le droit ou la médecine. Mais, dans l’Italie du XVe siècle, lorsqu’on est un bâtard, le fils d’un notaire et d’une fille de ferme, on doit vite apprendre un métier. Léonard de Vinci aime dessiner. Parfait ! À seize ans, on l’envoie en apprentissage à Florence, chez un artisan peintre.
Dix ans plus tard, Léonard est le peintre le plus doué de sa génération. Les commandes pleuvent. Mais, il traîne à finir ses tableaux. Parfois, il ne les finit pas du tout. Et, les clients perdent patience. C’est que Léonard a d’autres idées en tête. Des projets un peu farfelus qu’il consigne dans ses carnets : un char d’assaut, une bicyclette, un sous-marin… Car, l’auteur de la Joconde se voyait ingénieur, inventeur, fabricant d’armes… Tout sauf le plus grand peintre de la Renaissance.
Avec un vrai talent pour faire vivre le passé, Sylvie Dodeller dévoile ici, comme elle l’a déjà fait dans la biographie de Molière, la petite histoire cachée sous les aspects quotidiens de la vie. Dans un style précis et accessible, elle parvient à rendre humain un personnage énigmatique, considéré comme l’un des plus grands génies de notre histoire. Chaque chapitre regorge de détails et dévoile de façon vivante la période de la Renaissance. Les livres de Sylvie Dodeller sont à l’opposé des livres d’histoire figés dans le temps.
En 1434, les livres sont manuscrits et ne circulent pas. Les gens vivent dans la crainte de Dieu. 80 % d’entre eux sont analphabètes. En 1434, Johann Gutenberg a la trentaine. Il vit à Mayence et cela fait maintenant dix ans qu’il fabrique et poinçonne des pièces de monnaie. Il gagne peu d’argent, s’ennuie beaucoup et se lance dans la fabrique de reliques sacrées, un petit bout de métal frappé comme une pièce de monnaie qu’il vend une fortune aux milliers de pèlerins qui croient alors dur comme fer en ses vertus salvatrices. « Et si seulement il existait un moyen de produire des textes rapidement, en grande quantité, plutôt que des amulettes ? » Pour cela, il doit fabriquer des lettres à la place des amulettes, des milliers de lettres en plomb. Puis inventer une façon de les assembler pour former des lignes, des pages, et enfin des livres. Gutenberg était en train de concevoir l’imprimerie à caractères mobiles. Il lui faudra encore plusieurs années pour mettre en oeuvre son idée. Mais, pas à pas, obstinément, toujours à court d’argent, pressé par les créanciers, il parviendra à ouvrir la porte aux délices du savoir.
Christophe Colomb se considérait d'abord comme un missionnaire, un croisé. Son ambition: répandre la parole divine et amasser suffisamment d'or pour financer la reconquête de la Terre sainte. Dès le début des années 1480, il a l'idée d'atteindre les " Indes " par l'ouest, en traversant l'Atlantique. Cette erreur, on le sait, le mettra en présence des "Indiens" d'Amérique, et non du Grand Khan, empereur de Chine... Pour la comprendre, il faut se rappeler que, en cette fin de Moyen Âge, le monde est conçu comme un bloc de trois continents - l'Europe, l'Afrique et l'Asie - cernant la Méditerranée et entouré par une seule et unique mer. Colomb estime que, après une traversée de quelques jours, il abordera ces contrées décrites par Marco Polo, où abondent l'or et les épices... Le 3 août 1492, ayant obtenu le mandat des souverains d'Espagne, il part avec deux caravelles, la Pinta et la Nina, et une nef, la Santa Maria: ce sera le premier de quatre longs voyages...


