Thème « genre »
Depuis peu de temps, Marty vit chez sa grandmère. Tous les jours, il vient observer Emma, la fille qui chante de l’autre côté du grillage, dans le centre, un endroit où GranMa lui interdit d’aller traîner. Dans ce pays pourri où rien ne pousse, que des pommes de terre, Emma arrose un oranger qu’elle a planté. Les deux adolescents deviennent amis, au point que Marty, si solitaire jusque-là, confie à Emma son secret le plus lourd.
Marty — Tu crois vraiment que je dois lui dire ?
GranMa — Je crois rien du tout. Tu fais comme tu veux. Je dis juste qu’au moins, comme ça, tu seras fixé.
Marty — Et si elle revient plus?
GranMa — Ben tu feras ta tronche d’au moins six pieds de long. Et moi j’te cuisinerai des bonnes patates pour te consoler.
Marty — Génial.
GranMa revient s’asseoir en attendant que les frites cuisent. Les deux regardent la télé silencieuse. En silence.
Alyan est un petit garçon. Pourtant il préférerait être une princesse ou une fée, avoir des cheveux longs et des vêtements roses. Sa mère s’inquiète, son père ne voit rien. À l’école, on se moque de lui, on l’insulte, on le frappe. Il essaie de s’échapper en faisant de la magie, mais ça ne marche pas toujours. Seule sa soeur Nina est consciente de son chagrin. Elle est décidée à le défendre envers et contre tous. Jusqu’où ira-t-elle pour protéger son frère ?
ALYAN : Pourquoi t’es une fille ?
NINA : Je ne sais pas.
ALYAN : Pourquoi tu sais pas ? Qui choisit alors ?
NINA : Moi. C’est moi qui ai choisi.
ALYAN : T’as eu le droit de choisir, toi ?
NINA : Je me suis concentrée, j’ai fait l’imagination et ça a marché.
ALYAN : C’est quoi la magination ?
Léa et Tom ont grandi. Ils viennent d’avoir quinze ans. Il est loin le temps où Léa soutenait son frère quand il se battait pour porter des shorts à l’école primaire. Maintenant, quand Tom s’élève contre les stéréotypes liés à son genre, Léa n’est plus derrière lui. Si elle veut retrouver leur complicité d’hier, elle va devoir faire des efforts pour se mettre à la place de Tom et comprendre ce que vivent les garçons de son âge. Il y a du boulot ! Entre le female gaze omniprésent, la culture du viol, le harcèlement de rue, les injonctions vestimentaires… Tom subit un sexisme encore plus fort que lorsqu’il avait dix ans !
Depuis la nuit des temps, ce sont les hommes qui s'occupent des enfants. C'est normale et naturelle, puisque les femmes, elles, portent les enfants dans leur ventre pendant neuf mois, puis elles les allaitent si elles veulent, ce qui les fatigue beaucoup. Elles n'allaient pas, en plus, s'en occuper le restant du temps !… C'est pour ça que, dans mon pays, ce sont les femmes qui sont à la tête de l'État. Quelques hommes particulièrement intelligents ont réussi à se hisser au même rang qu'elles (même si on n'a encore jamais vu un homme présidente de la République). Ils sont très méritants, quand on pense à la charge qu'ils assument en plus à la maison…
Six adolescents doivent interpréter Roméo et Juliette de Shakespeare. Emma et Noé sont amoureux depuis quatre ans, ils devraient avoir les rôles titres, forcément. Mais lorsque Léo se propose pour interpréter Roméo, tout bascule. Ben et Zélie ont trouvé son interprétation géniale, mais Tybalt et Noé ricanent. Pour eux, pas question ! Quant à Emma, elle est bouleversée. Entre jouer l’amour fou et le vivre, la limite est fragile.
Il n’est plus là, c’est la seule certitude. En cours d’histoire, Livio a fait un exposé sur les autodafés nazis et Magnus Hirschfeld, un médecin juif allemand qui militait pour l’égalité entre hommes et femmes et les droits des homosexuels. Pour lui, c’était bien plus qu’un simple exercice : une revendication, un moment de courage, et peut-être un aveu. Mais il s’est heurté à la perplexité, à l’indifférence et surtout à l’hostilité de sa classe. Depuis lors, il a disparu et personne ne sait où il est. Sa plus proche amie Camille, sa professeure d’histoire, ses camarades, ses parents, tous interrogent le parcours de Livio et tentent de comprendre. Dans le creux de cette absence, résonnent tous les questionnements : ils auraient dû le voir venir, aucun ne l’a vu partir. Et si cette fuite était l’expression du courage ultime ?





