Thème « Europe »
Parce qu'une jeune fille dépenaillée tente de dérober des briquets en or dans la librairie-papeterie où il fait ses emplettes, Celestino se souvient tout à coup - boum ! - de son adolescence. Un autre voleur, jeune et dépenaillé aussi, rapide et débrouillard aussi, surprenant aussi, l'a marqué pour toujours. Il convainc le libraire de ne pas appeler la police et lui promet, en échange, de lui raconter toute l'histoire, le soir même, autour d'un plat de penne all'arabiatta. C'est l'été de ses quinze ans. Célestino est venu le passer chez sa grand-mère, à Vulcano, l'une des îles Éoliennes, dans des paysages tourmentés et beaux comme l'antique, et l'odeur d'oeuf pourri du volcan. Il est en balade avec une cousine et son amoureux secret quand il avise, à un détour de la vallée des Monstres, boum ! un garçon étranger, mal attifé, encombré d'une énorme valise en nylon. Ce n'est pas la première fois qu'il le voit. Et c'est loin d'être la dernière...
Dans une forêt enneigée, par moins trente degrés, en Russie, un jeune homme réussit à s’enfuir d’un bagne et à échapper à la police du tsar. Au même moment, une jeune fille qu’on a battue perd connaissance dans une rue de Paris. En Normandie, une autre jeune fille commet un acte irréparable et trahit la seule personne qui lui soit fidèle. Dans un petit village du pays de Galles, un garçon perché au sommet d’un arbre refuse obstinément de descendre. Il comprend qu’il vient de prendre sa vie en main.
Ils s’appellent Evgueni, Gisèle, Eulalie, Eddie. Ils ont quinze ans, ils sont seuls au monde, ou presque. Chacun d’eux s’est accroché à un fil fragile que le destin leur tendait tout à coup. Nous sommes en 1870, et, alors que grondent à la fois la guerre et la révolution, ils se rencontrent à Paris, où le pouvoir de Napoléon III met si facilement les gens en prison. C’est là que leurs vies vont se mêler. Et que leurs espoirs vont renaître.
Il s'appelle Diego, mais Ian, son meilleur copain, le surnomme Chorizo parce qu'il est étranger, différent, pas d'ici, espagnol, comme Vélasquez, Cervantès, Miró et Picasso. Lui, Chorizo, il s'amuse de cette différence qui fait que ses parents prononcent le français de travers en disant abec, c'est bvrai, et boilà. Il s'amuse en lisant les Atlas et aussi le Livre Guinness des records. Dans sa tête, les mots se bousculent. Sans arrêt il passe d'une langue à l'autre, il triture les phrases, en tire des contresens, des contrepèteries, des sens cachés, des sens gâchés. Il aime faire des bêtises avec sa bande, et puis les raconter, enjoliver, exagérer. Ça fait de la fiction. C'est la maîtresse qui l'a dit. Pas des mensonges, juste de la fiction bien écrite... Il aime s'amuser et il s'amuse à aimer. Tout, l'Espagne, la France, ses parents, ses copains, sa tante Ninja, et ce qu'il n'aime pas, il s'arrange pour le tourner de façon à l'aimer. C'est sa façon à lui de pimenter la vie.
« Un de moins comme dirait Maman à propos de ses morts. Et ce sera comme ça toute la vie, une succession de départs, de soustractions infâmes qui vous laissent seul, tellement seul. »
Les départs se succèdent dans la vie de Tifas, ceux des trains sur la côte portugaise dans lesquels il travaille chaque jour, celui de son père qui a perdu la tête, celui de Luís, son collègue et meilleur ami, qui déménage. Mais Tifas rêve d'un autre genre de départ. D'un grand départ, définitif, vers une vie meilleure.
En 1799, dans les derniers jours du Directoire, à la veille du coup d'État de Bonaparte (18 brumaire, an VIII), la guerre civile continue à sévir dans les départements de l'Ouest et spécialement en Bretagne. Les contre-révolutionnaires fidèles à la royauté, soutenus par les prêtres et encadrés par des nobles rentrés clandestinement de l'émigration, combattent la République avec la sauvagerie du désespoir. Les Chouans ainsi nommés parce que leur cri de ralliement est celui de la chouette - harcellent les troupes du général Hoche, "pacificateur" de la région.
Embuscades, répression et tueries - tel est le climat de ce roman placé par Balzac parmi ses Scènes de la vie militaire et dont l'action (inspirée de faits historiques réels) se déroule dans la région de Fougères. Il met aux prises la coriacité paysanne, incarnée par le terrible Marche-à-Terre, et les vertus martiales que représente le rude et brave commandant Hulot; cet affrontement ne doit pas faire oublier les évolutions plus troubles auxquelles se livrent dans l'ombre quatre personnages, mi-espions, mi-mondains : un agent du ministre de la Police Fouché, une jeune femme très belle, un soi-disant marin et sa prétendue mère. Entre eux, la partie va se jouer serrée, au cours de laquelle l'héroïsme, le machiavélisme et l'amour vont avoir leur mot à dire. La mort aussi est au rendez-vous. Et peut-être que, sous le rapport de la violence, les choses ont malheureusement peu changé.
L'époque, pourtant, était assez différente de la nôtre : en ce temps-là, on va le voir, un homme n'hésitait pas à tenir, dans son poing, un charbon ardent, pour obtenir d'une femme simplement le droit de lui parler !
C’est un lit vertigineux, sur lequel on a empilé une dizaine de matelas. Il trône au centre de la chambre qui accueille les prétendantes de Lord Handerson. Le riche héritier a conçu un test pour choisir au mieux sa future épouse. Chaque candidate est invitée à passer une nuit à Blenkinsop Castle, seule, dans ce lit d’une hauteur invraisemblable. Pour l’heure, les prétendantes, toutes filles de bonne famille, ont été renvoyées chez elles au petit matin, sans aucune explication. Mais voici que Lord Handerson propose à Sadima de passer l’épreuve. Robuste et vaillante, simple femme de chambre, Sadima n’a pourtant rien d’une princesse au petit pois ! Et c’est tant mieux, car nous ne sommes pas dans un conte de fées mais dans une histoire d’amour et de sorcellerie où l’on apprend ce que les jeunes filles font en secret, la nuit, dans leur lit…
Irlande du Nord, 1993. Abigeál O'Keegan aime les histoires qui font peur. Celles qu'elle raconte à Joe, son petit frère malvoyant. Celles qui font écho aux changements qu'elle perçoit dans son corps d'adolescente. Celles qui laissent libre cours à son imagination. Lorsqu'elle quitte Belfast avec sa famille pour s'installer dans une vieille et grande maison en forêt, la réalité rattrape Abigeál. Dans la maison et aux alentours, se produisent des phénomènes étranges, inquiétants. Des objets disparaissent. Des rêves bizarres peuplent ses nuits. Et que veulent ces cerfs qui rôdent là-dehors ? Quelle histoire oubliée se cache à Fianna Sinn ?
Alonso Quijano, pauvre hidalgo, après avoir lu plus que de raison des romans de chevalerie, décide d'embrasser la profession de redresseur de torts et de protéger la veuve, l'orphelin et les nécessiteux, en parcourant le monde... L'énorme mérite de Cervantes réside dans le fait que non seulement il a créé le personnage même de don Quichotte mais que, de plus, il lui a trouvé le compagnon idéal, son antithèse parfaite, à savoir: son écuyer Sancho Panza. L'auteur a voulu combattre une mode, néfaste à ses yeux, pour ses compatriotes et apparaît, de ce fait, à travers son récit, comme le peintre fidèle de la société de son temps. Nous n'avons retenu, délibérément, que les chapitres mettant en évidence le mécanisme de la folie chez don Quichotte, la fidélité à toute épreuve de Sancho Panza et la méchanceté des tiers qui se gaussaient des fous, des faibles et des simples d'esprit.
Alonso Quijano, pauvre hidalgo, après avoir lu plus que de raison des romans de chevalerie, décide d’embrasser la profession de redresseur de torts et de protéger la veuve, l’orphelin et les nécessiteux, en parcourant le monde... L’énorme mérite de Cervantes réside dans le fait que, non seulement il a créé le personnage même de don Quichotte mais il lui a également trouvé le compagnon idéal, son antithèse parfaite, à savoir : son écuyer Sancho Panza. L’auteur a voulu combattre une mode, néfaste à ses yeux, pour ses compatriotes et apparaît, de ce fait, à travers son récit, comme le peintre fidèle de la société de son temps. Nous n’avons retenu, délibérément, que les chapitres mettant en évidence le mécanisme de la folie chez don Quichotte, la fidélité à toute épreuve de Sancho Panza et la méchanceté des tiers qui se gaussaient des fous, des faibles et des simples d’esprit.
Jonathan Harker, jeune clerc de notaire britannique, est envoyé par son étude dans un sinistre château de Transylvanie pour négocier avec un certain comte Dracula l’achat d’une propriété en Angleterre. Retenu prisonnier par son hôte, il ne tarde pas à découvrir son effroyable secret. Cette créature est un mort-vivant, un vampire qui repose dans un cercueil dont il sort la nuit pour étancher sa soif de sang. Le comte Dracula part pour l’Angleterre où il choisit comme première victime Lucy, une amie de la fiancée de Jonathan qui devient rapidement la suivante sur sa liste…
Jonathan Harker, jeune clerc de notaire britannique, est envoyé par son étude dans un sinistre château de Transylvanie afin d'y négocier avec un certain comte Dracula l'achat d'une propriété en Angleterre. Il ne tarde pas à découvrir l'effroyable secret de son hôte : cette créature est un mort-vivant, un vampire qui repose dans un cercueil dont il sort la nuit pour étancher sa soif de sang - et le jeune homme est son prisonnier. Le comte Dracula part pour l'Angleterre où il choisit pour première victime Lucy, amie de la fiancée de Jonathan, avant de s'attaquer à la fiancée elle-même... Un roman gothique au procédé narratif novateur : lettres, extraits du journal de Jonathan, articles de presse, et même transcription d'enregistrements phonographiques ! La chasse au vampire est ouverte...
En lui, la vie a décidé de prendre forme un jour de décembre 1863 à Løten, en Norvège.
À la naissance d’Edvard Munch, trois anges, la maladie, la folie et la mort, se penchent sur son berceau. Des anges noirs, fraternels, torturants, obsessionnels. Jamais ils ne le quitteront, après l’avoir privé des êtres chers et lui avoir laissé le chagrin comme seconde peau.
Pour capturer ses ombres, le jeune Edvard dessine à même le sol, au dos des ordonnances de son père, sur les carreaux de la cuisine. Sa vie devient un défi, une chasse mélancolique pour vaincre la souffrance. À ses yeux, la peinture se doit d’être vivante. Elle doit s’inventer. Elle doit inventer la vie.
Il abandonne ses études d’ingénieur, il peint. Il affronte l’incompréhension et la violence des critiques, il peint. Il se blesse d’amour et d’alcool. Il peint. Rien ne peut l’atteindre tant que son désir de créer, sa réserve de vie, est là, vibrante. En lui la vie des morts annonce un nouveau mouvement artistique, l’expressionnisme, et le destin effroyable du siècle
Bien avant sa naissance, le destin d'Énée semblait déjà tracé. L'oracle avait prédit que le fils d'Anchise serait un jour roi des Troyens. La prophétie paraissait pourtant bien étrange. Comment Énée, le chef des Dardaniens, pouvait-il devenir roi sans appartenir à la lignée royale ? Et son cousin, le valeureux Hector, n'était-il pas le mieux placé pour monter sur le trône de Troie ? Énée en arrivait à douter. Mais les oracles sont imprévisibles et, quand ils se réalisent, c'est bien souvent d'une manière inattendue. Énée assiste, impuissant, à la mort d'Hector sous les remparts de Troie puis à la destruction de la cité par les troupes grecques. Il parvient à sauver des flammes son père Anchise et son fils Ascagne avant de s'enfuir. Troie est rayée de la carte. Enfin, la prédiction prend tout son sens. Les dieux ont choisi Énée pour bâtir au loin une nouvelle Troie. La route est longue jusqu'à la terre promise, balisée de nouveaux oracles et de rivages inhospitaliers. Il faudra tout ce temps pour qu'Énée comprenne que l'avenir ne se construit pas seulement sur le passé.
Jakob attend sa mère, serveuse dans un restaurant turc, qui vit seule avec lui depuis que son mari est parti chercher fortune à Francfort. Elle termine à 18 heures. Hier, elle n'est pas rentrée. Anna revient à Berlin après un an passé à Paris. Un an sans Bastian, pour savoir s'ils s'aiment toujours. Mais quand elle arrive, Bastian n'est plus à Berlin non plus. Chacun dans son coin, ils taisent leur angoisse, dissimulent la vérité, donnent le change, espèrent en secret. Un soir de grève contre le rapport Pisa qui dénonce les tares du système éducatif allemand, dans un squat alternatif tenu par un travesti noir américain, leurs destins se croisent par hasard. C'est un choc comme il y en a tant dans cette ville en perpétuel mouvement, pleine de questions, d'élans, de remises en cause. Un amour possible dans cette capitale toute neuve, empreinte de rêves éveillés, de désir de bâtir, de besoin de paix. C'est une rencontre qui sauve, dans une ville qui se croyait perdue.
Une nuit, dans la campagne de Toscane, sur la table d’une demeure crasseuse, un grand pantin de bois s’éveille à la vie. Voilà Fantoccio soudain tiré du néant et doté des facultés de penser, de ressentir et d’agir. Magie ! C’est Giuseppe Taddei, dit Geppetto, qui en a décidé ainsi. Lui, le maître marionnettiste sans le sou, pourra alors proposer un numéro extraordinaire et faire enfin fortune. Fantoccio est donc né sous le signe du mensonge. Mentir, mentir… Pour exaucer le rêve du maître, il faut apprendre à jouer le pantin, à tromper le monde dans l’artifice des fils et à tous les instants du quotidien. À n’être qu’une chose ! Mais il y a la vie, la force de la vie. Mais il y a la ville de Sienne, qui bouillonne, qui appelle. Sienne et ses basfonds, ses petites crapules, ses mystères, ses rites, comme le Palio, cette course de chevaux. Il y a aussi la musique, les livres, le théâtre. Et surtout, il y a la belle Livia, qui danse avec Fantoccio sur scène. Jusqu’où tiendra le mensonge ? Comment s’empêcher de vivre ? Comment contenir cette voix qui dit, chaque jour un peu plus fort, « je suis un homme » ?
Gilles Barraqué revisite Les Aventures de Pinocchio, texte « trouble et subversif », en hommage à son créateur Carlo Collodi, et bien loin de la version animée de Walt Disney.
Dans son roman, cet ancien musicien de rue célèbre aussi le théâtre et la commedia dell’arte.
« Les enfants de la guerre ne sont pas des enfants », dit la chanson d'Aznavour. Et c'est vrai, ils ne sont pas des enfants, les garçons et les filles d'Iran, d'Irak, du Congo, d'Algérie, du Rwanda, du Liban, du Kosovo, et de tous les conflits de la planète. Ils sont des sujets d'actualité. Elle n'est pas une enfant, Nahalia, cette petite fille de quelques heures, née quelque part dans les Balkans avec une tache de vin sur le bras, une marque d'infamie, une malédiction, pendant la sécheresse et juste avant les premiers bombardements. Elle est un bouc émissaire. Il n'est pas un enfant, Jozef, son grand frère adolescent, qui a vu partir son père, pleurer sa mère et massacrer son instituteur, condamné pour désertion, un des seuls hommes du village à avoir voulu rester digne. Il est de la chair à canon, un numéro de camp d'entraînement. Ce roman leur donne la parole.















