Thème « cohabitation »
Simple dit « oh, oh, vilain mot » quand Kléber, son frère, jure et peste. Il dit « j'aime personne, ici » quand il n'aime personne, ici. Il sait compter à toute vitesse : 7, 9, 12, B, mille, cent. Il joue avec des Playmobil, et les beaud'hommes cachés dans les téphélones, les réveils et les feux rouges. Il a trois ans et vingt-deux ans. Vingt-deux d'âge civil. Trois d'âge mental.
Kléber, lui, est en terminale, il est très très courageux et très très fatigué de s'occuper de Simple. Simple a un autre ami que son frère. C'est Monsieur Pinpin, un lapin en peluche. Monsieur Pinpin est son allié, à la vie, à la mort. Il va tuer Malicroix, l'institution pour débiles où le père de Simple a voulu l'enfermer, où Simple a failli mourir de chagrin. Monsieur Pinpin, dans ces cas-là, il pète la gueule.
Rien n'est simple, non, dans la vie de Simple et Kléber. Mais le jour où Kléber a l'idée d'habiter en colocation avec des étudiants, trois garçons et une fille, pour sauver Simple de Malicroix, alors là, tout devient compliqué.
Un appartement. Une chambre à soi. Le rêve, le paradis sur terre quand on vient de passer une bonne quinzaine d'année chez papa-maman à obéir, à se taire, à respecter les horaires et les manies de la famille. C'est ce miracle qui arrive à Colombe et à sa meilleure amie Louise. Elles n'ont que seize ans, c'est l'année du bac de français et pourtant, Gaga est d'accord pour leur prêter un petit appart sous les toits. Gaga, c'est la grand-mère de Colombe. Une grand-mère pas comme les autres, une vraie terreur à vélo. Elle ne doit pas ce surnom à la sénilité précoce, mais à une déformation infantile de son prénom, Olga, par Colombe quand elle avait deux ans. Et depuis c'est resté. Vous croyez peut-être que c'est le bonheur absolu, cet appart sous les toits. Et c'est ce que Colombe croyait aussi. Mais voilà, Gaga a le cœur sur la main. Et quand elle propose à Lola, la fille d'un collègue mutée loin, de le partager avec Colombe et Louise, on peut dire que les ennuis commencent...